Une paralysie de rêve


Pour pouvoir profiter d’un jeu full-dive, il faut nécessairement que le joueur soit « paralysé » dans la vraie vie. Différentes approches existent, mais aujourd’hui je vais vous en proposer une autre que celle de Jarasim, qui a déjà détaillé la sienne dans d’autres articles, et qui repose en majeure partie sur l’utilisation de nanorobots.

   Chaque nuit, que nous nous en souvenions ou non, au cours de notre sommeil, nous vivons une expérience cérébrale des plus étranges nommée rêve.
Ces rêves peuvent survenir pendant notre sommeil, et ce à plusieurs moments : Le plus souvent durant le sommeil paradoxal, où notre état de conscience s’approche beaucoup de celui de veille, avec une fréquence des ondes cérébrales quasi similaire. Je développerai au sujet des ondes cérébrales plus tard, pour l’heure il faut seulement savoir que le principal moyen de « décodage » des ondes cérébrales, se base sur la fréquence à laquelle elles sont émises, et non sur leur intensité. Ils peuvent aussi survenir lors du sommeil profond, mais ce cas est plus rare et plus complexe, car ce moment est d’ordinaire la phase privilégiée du repos complet.
Un lien évident se tisse alors entre le rêve et le full-dive : Un monde, onirique ou virtuel, dans lequel tout est possible, où les lois de la réalité n’ont plus cours, mais aussi un monde difficile à distinguer de celui dans lequel nous vivons chaque jour.


Le rêve semble donc être un terrain propice à l’étude concernant la création d’un univers virtuel. En effet, il réunit une bonne partie des caractéristiques nécessaires à la création d’un Nerve Gear. Tout d’abord, la paralysie induite par le sommeil : vous avez sans doute déjà remarqué que lorsque vous rêvez que vous êtes en train de courir, votre corps ne se lève pas pour reproduire cette action ? (Le cas du somnambulisme est différent, de par les processus qui ont lieu lors de ces mouvements impromptus du sommeil et il ne sera pas abordé ici).


   Cela est dû à une forte inhibition des moto-neurones spinaux (qui proviennent de la moelle spinale, et non du cerveau), des neurones spécialisés dans le transfert d’informations aux muscles. Durant le sommeil, ces neurones sont donc inhibés par une forte production de glycine, mais sont concernés, quasiment exclusivement, les moto-neurones posturaux, ceux commandant aux muscles qui réalisent des mouvements.  Pour vous donner un exemple : Cela vous permet de ne pas agiter les bras dans tous les sens, tout en ayant un cœur qui continue de battre.

Néanmoins, pour être précis certains mouvements sont toujours possibles, comme ceux de l’oreille moyenne, ou des yeux. À cause de cela, en sommeil paradoxal, les yeux suivent le mouvement que font les vôtres dans votre rêve (vos paupières fermées, ils regarderont quand-même à droite si dans votre rêve vous regardez à droite), ce sont des REM (rapid eye movements) et ils permettent de nombreuses choses, dont nous parlerons une autre fois. 
   Ce mécanisme est notamment celui à l’oeuvre lors des paralysies du sommeil (phénomène au cours duquel une personne se réveille, mais elle ne peut pas bouger son corps, elle est alors « bloquée », ce qui peut être très angoissant si on ne connait pas le phénomène), en cela il est donc utile dans la création d’un Nerve Gear. 
Cette atonie musculaire peut en effet être reproduite en activant certains réseaux neuronaux via des signaux électriques comme il avait été précisé dans un précédent article, mais de cette manière, il pourrait être plus simple de parvenir au même résultat, qui est de paralyser le joueur, même si nous n’avons encore aucune certitude sur le prix ou les chances de réussite des deux techniques.


   Cependant, la rapidité de réaction du système est un paramètre crucial à ne pas négliger dans un jeu full-dive : le moindre ralentissement peut désorienter le cerveau, qui répond en général par une nausée et parfois des vomissements. Il convient donc d’être le plus réactif possible à tout mouvement, pour que tout se passe de la meilleure des manières. Ce système qui est donc déjà à l’oeuvre chaque nuit serait donc en mesure de bloquer assez rapidement toute impulsion de mouvement.


  Bien sûr, il faut développer une méthode pour recréer cette paralysie à volonté, et surtout arriver à la supprimer dès que le joueur veut déconnecter. Comme dit précédemment, tout cela est possible grâce à une inhibition des nerfs par un neurotransmetteur, la glycine. Ce neurotransmetteur est produit dans l’élément présynaptique, donc à l’intérieur même des neurones, voir dans les cellules gliales (cellules entourant les neurones). Cette molécule étant un acide aminé, elle est rapidement et régulièrement synthétisée.  Comme elle est créée par le neurone qu’elle va inhiber (ou ceux à proximité selon les cas), il n’y a à priori pas besoin de la créer à l’extérieur du corps du joueur. De plus, elle est activée au moment de l’arrivée d’un potentiel d’action dans le neurone (ce qu’on appelle EN GROS un signal électrique) donc elle s’active toute seule dès que cette inhibition est nécessaire (provoquée par un sentiment ou un besoin comme le sommeil), et elle disparaît aussitôt, comme tous les autres neurotransmetteurs, dégradée par une enzyme.


Cela renforce donc son intérêt, puisqu’il « suffirait » de découvrir de quelle région cérébrale dépend l’activation de ce neurotransmetteur chaque nuit, pour la stimuler artificiellement induisant ainsi l’atonie musculaire souhaitée. Et dès que cette stimulation cesserait, la paralysie cesserait, et le joueur se « réveillerait ».
Il faudrait donc pouvoir l’activer sur commande, et la désactiver de la même manière et cela suffirait à paralyser le joueur. C’est encore à faire, mais comme cette inhibition a lieu plusieurs fois au cours de la nuit, elle devrait être reproductible à volonté, et de même pour son arrêt. En général, il suffit de se réveiller pour pouvoir immédiatement se mouvoir. La production de glycine est donc alors à son tour inhibée et ce, en à peine quelques secondes. Tout cela ne dépend sans doute que de quelques neurones et d’une partie du cerveau, une étude sur le sujet permettrait donc certainement de recréer ce mécanisme à la demande, et de ce fait de l’intégrer à un Nervgear.

C’est tout pour mon premier article sur ce site, mais je compte bien en publier d’autres pour partager mes réflexions sur le sujet. Dites moi en commentaire ce que vous en avez pensé, et les critiques que vous auriez à faire dessus.
Je vous remercie de m’avoir lu.  

6 Commentaires

  1. Pas mal pour un premier article 🙂 continues comme ça ^^

  2. C’est un superbe premier article que nous avons là :).

  3. Retour PingL'année 2019 - Nerve Gear Zero

  4. moi qui ne connais pas grand chose sur le cerveau je suis ravi de voir des gens aussi impliqué dans un tel projet. C’est un super article alors ne vous arrêter pas de si tôt.

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